Le dernier mois


  Alors que vous vous approchez pour entendre ce qui sera sans doute mon dernier récit sur ce blog, vous surprenez des éclats de voix venant  de derrière la porte, restée entrouverte...Vous tendez l'oreille, curieux:
MOI: Alors comme ça, tu t'infiltre chez ma sœur, maintenant?
VOIX OFF: Heu... C'est-à-dire que...
MOI: J'attends une explication!
VOIX OFF: Ben, justement! En tant que voix, il faut bien que je gagne ma vie, moi! Et comme tu ne publie pas souvent d'article, je me suis dis que, peut-être...
MOI ( vous apperçevant, à moitié dissimulé par la porte): Bon, mes auditeurs sont là, on reprendra plus tard. Mes cette conversation n'est pas terminé! Tu es MON employée, interdiction pour toi de quitter ma partie du blog! 
VOIX OFF: Pfff, la dernière fois, je lui ait dit que tu étais plus sympa. Ben je retire ça!
MOI: OUSTE!!! 
Bon, elle s'en va, et vous entrez. Si vous n'avez pas compris cette petite engueul... euh, réprimande, allez donc jeter un œil sur l'article " Pérou et Chili" de Céleste...


Bon, c'est parti. Vous remarquez, au passage, la très grande inspiration que j'ai manifesté pour le titre de cet article... Alors, vous êtes resté en plan à la sortie du Pérou. Oh mes pauvres, patienter ainsi pendant un mois entier! Je suis vraiment cruelle. Alors, je m'envole par la fenêtre de notre appartement de Buenos Aires, et je fends l'air pour vous rejoindre. Je me pose devant vous. Wouah, plus de 3 milles kilomètres en une seconde chrono! Ça va franchement plus vite qu'en voiture. Bref, je vous prends la main, et je vous entraine dans l'air. Le vent fait soulever vos cheveux et vous plissez les yeux. Allez, vous allez vous habituer! Je fais ça tout le temps, moi! Il suffit d'un peu d'imagination... Je vous fais survoler le nord du Chili, ou se situe le désert d'Atacama, dont vous ne voyez qu'une grande étendue jaune. Non, je ne m'arrrête pas. Nous passons de l'autre côté de la Cordillaire des Andes, l'immense chaine de montagne. Vous tendez le pied ,effleurant la surface de la neige . Vous voyez, vous commencer à prendre vos aises dans l'air! Lors de cette traversée, nous avions connus une nuit glaciale... Mais là, vous ne sentez aucun froid. Nous continuons, laissant les montagnes  derrière nous. A présent s'étale en dessous de nous une immense plaine, plantée de nombreux champs de vignes. Bienvenue en Argentine! Et, plus précisément ,dans la région de Salta. Toutefois,je ne m'arrête toujours pas. Vous êtes intrigués. Où est-ce que je vous emmène, enfin? Haha, je ne vous le dis pas tout de suite. Nous continuons, fendant l'air à toute  vitesse. Soudain, vous tendez l'oreille. Un grondement lointain nous parviens, comme si un troupeau d'éléphants fonçait vers nous. Je souris. Nous y sommes presque. Enfin, je vous pose sur une passerelle . Et devant vous... devant vous ... Et oui! Bienvenue à Iguazu! En fait, c'est un parc naturel, qui regroupe plus de cinquante cascades, mais retenez simplement cette définition : La plus belle cascade au monde. 

  Comment vous la décrire? Magnifique. Effrayant. Fascinant. Tout ces adjectifs correspondent, et pourtant, aucun n'est vraiment exact. A notre sortie du parc, Céleste m'avait dit quelque chose qui résume tout à fait ce que j'essaye de vous faire comprendre: "C'est impossible à décrire". Pourtant, je vais essayer. Imaginez d'abord un cours d'eau de la taille d'un fleuve, qui ensuite tombe à pic, juste devant vous. Des trombes d'eau qui sont précipitées dans le vide, donnant l'impression de tomber au ralentis, puis qui disparaissent au bout d'une dizaine de mètres dans la brume qui s'élève du pied de la cascade. Bon, j'ai essayé, mais je ne suis pas satisfaite. Les photos serons plus parlantes, même si elles ne reflètent pas totalement l'atmosphère du lieu: 

Bon, après avoir passé une journée entière à visiter Iguazu, nous avions passé la frontière du Paraguay, le pays juste de l'autre côté, où nous comptions bien vendre notre petit Zéférino. Eh oui, car il ne restait plus que quelques semaines de voyage, et vendre notre gros véhicule est devenu notre plus grande priorité! Enfin, notre... Celle de mes parents, plutôt. Moi et mes sœurs, on n'avait pas du tout envie de quitter notre maison. Malheureusement, l'acheteur ne se trouvait pas au Paraguay, mais... En Uruguay! Oui, je vous en apprends des pays dont vous n'avez jamais entendu parler! Bref, après seulement deux jours au Paraguay, nous repassons la frontière de l'Argentine, puis celle de l'Uruguay! Oui, pour info, les deux pays ne se touche pas... D'ailleurs, je crois que c'est notre record: Trois pays en deux jours! 

  En tout cas, notre acheteur se trouvait à Montevideo, la capitale du pays, qui se trouve à l’extrême sud, alors que nous avons passé la frontière au nord. Il nous fallait donc traverser tout le pays, c'est-à-dire à peu près cinq-cents kilomètres... La routine, quoi!

  Sous vos yeux s'étale le paysage de ce pays presque inconnu. Car oui, pendant que je discute, nous continuons toujours à voler! Ah, vous n'avez pas été assez attentif... En tout cas, voilà ce que vos yeux captent: Une grande plaine s'étendant sur des kilomètres et des kilomètres, où s'étendent de grandes maisons et des longues barrières, comme délimitant des propriétés. Car oui, voilà ce que j'ai retenu de ce pays: les estancias. En fait, cela ressemble un peu aux grands ranchs du Far West: de grandes propriétés agricoles qui pratiquent aussi l'élevage, et qui s'étendent parfois sur plus de six-cents hectares! Pas mal, hein? Moi, ce qui retenait mon attention, c'était les chevaux. Il y en avait partout! D'ailleurs, nous volons un peu trop bas, au gout d'un petit troupeau. Ils s'enfuient au galop. Je nous fait légèrement remonter, tout en continuant mes anecdotes.

  J'avais réussis depuis plusieurs mois déjà à arracher à mes parents la promesse de pouvoir monter à cheval. Il faut dire que là, c'était l'occasion rêvé! Ainsi, après plusieurs choix difficile ( il y en a des centaines, des estancias!) nous nous arrêtons un soir chez une propriété que l'on nous a recommandé. Le propriétaire nous le confirme: nous pourrions monter le lendemain. J'étais ravie: enfin! Ma mère était également contente: le propriétaire et sa famille produisait leurs propre lait et fromage, et elle a réussit à leur en acheter. Le lendemain, nous découvrons quatre chevaux harnachés devant nous. Il y en a un pour le propriétaire qui nous accompagne, et trois pour nous. Céleste et Maïté montent devant mes parents. Ce qui était génial, c'est que nous n'étions pas dans un petit enclos: nous avions une plaine immense devant nous! Et nous pouvions faire ce que nous voulions!

  Alors, maintenant, je serre votre main. Vous sentez un picotement étrange vous parcourir puis... Ah! Le ciel est plus bleu, le soleil est plus haut... Et oui, je vous ait fait venir dans le passé! Ne paniquez pas, je gère. Attendez, je nous fais descendre un peu... Là! Vous voyez les deux chevaux qui trottent, avec un adulte et une enfant chacun sur le dos? Ce sont mes sœurs et mes parents. Maintenant, regardez un peu plus en avant... Vous voyez la silhouette habillée toute en noir, juchée sur un jument  blanche lancée au galop? Ben ça, c'est moi...

 


  Bon, revenons dans le présent, et reprenons: nous avons quittés nos hébergeurs, et après deux ou trois jours de route, nous arrivons enfin à Montevideo, la capitale. Nous nous garons chez notre acheteur... Sniff! Il nous achète une fois pour toute notre bon gros Zéférino, et nous faisons nos valises... 

  Le reste de la journée passe dans une sorte de transe, rythmée par les heures de trajet et les changements de véhicules. En voici le programme: une heure de trajet dans la voiture de notre acheteur, qui nous conduit à la gare de bus. Deux heures d'attente. Trois heures de bus. Une heure de bateau, pour traverser le Rio del Plata, qui sépare l'Argentine de l'Uruguay.

  Pour ceux qui n'ont pas écouté à l'école ( ou pour ceux pour qui l'école remonte à longtemps), Rio del Plata signifie " Rivière de l'Argent", en espagnol. D'ailleurs, savez-vous pourquoi l'Argentine s'appelle comme ça? Non? Ben ça m'étonne pas. En fait, quand les conquistadors espagnols sont arrivés ici, ils étaient persuadés que sous ces grandes plaines se cachaient des mines d'argent. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en ais aucune idée! C'est ainsi que le nouveau pays fut nommé " Argentina". Argentine, argent... Vous captez? Bon, finalement, il s'est avéré que cette idée était entièrement fausse, il n'y avait pas du tout d'argent à cet endroit, mais c'était trop tard, le pays était nommé!

  Bon, quand nous avons débarqués à Buenos Aires, la capitale de l'Argentine, il faisait nuit noire. Tandis que nous attendions le taxi, j'ai levé les yeux vers les grands buildings aux fenêtres éclairées, et c'est là que mon cerveau brouillé par la fatigue s'est fait une remarque digne de figurer dans un manuel de philosophie: " Ben les grandes villes, c'est quand même un peu pareil". Nous sommes arrivés dans le petit loft que nous avions loués, et... On s'est écoulé sur les lits. Ouais, du grand héroïsme! 

  Cela fait désormais plus d'une semaine que nous sommes à Buenos Aires. Et la ville est immense! Depuis que nous sommes là, j'ai remarqué qu'une petite routine s'est installée. Voici notre emploi du temps quotidien ( attention, je précise que certains jours, nous ne le suivons pas tout à fait, c'est aléatoire): D'abord, on se réveille vers 10-11 heure du matin. Oui, nous ne sommes pas des lèves-tôt! Et puis, surtout, nous nous couchons très tard. Souvent, nous sortons vers ce moment de la journée. Les occupations sont alors variées: visite de monuments célèbres ou de musées, petit tout au marché, ou alors à la bibliothèque de l'Alliance française. Généralement, nous mangeons entre-temps. Puis, dans l'après midi nous rentrons à l'apart, et nos parents restent soit avec nous, soit repartent visiter autre chose. Ainsi, nous restons souvent seules. Quand ils rentrent, c'est déjà le soir, et nous mangeons. Enfin, le soir, nous regardons, mes sœurs, ma mère et moi, un film, n'importe lequel. Cela peut aller de Harry Potter 7 à des épisodes des Cités d'Or... 


  Bon, maintenant que j'ai finis, je vous prends la main et... Wouah! Vous êtes de retour chez vous, devant votre écran. Quel voyage! Pour une fois, vous êtes en avance sur moi. Car si vous êtes déjà en France, moi, je dois encore attendre une petite semaine. D'ailleurs, je vais vous laissez avec une phrase qui résume mon état d'esprit à la fin de ce voyage:

  Ouais, c'est cool. Mais la maison, c'est mieux.

  Mais... Que se passe-t-il? Devant vos yeux ébahis, je me dissipe lentement, comme réduite en fumée... Ne vous inquiétez pas, c'est simplement mon enchantement que j'annule... Au revoir!

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Commentaires: 1
  • #1

    Maminou (lundi, 26 juin 2017 14:07)

    Encore merci Amaya pour ton superbe récit
    Ne gronde pas ta sœur,tu devrais être fière qu'elle t'imite
    Tu as vu des œuvres de Charles Despiau de Mont de Marsan,j'ai fait mes études dans cette ville au lycée Charles Despiau et j'y travaillais l'année de la naissance de ton papa
    à très bientôt et gros bisous